Le Choeur de Bettens a chanté l’arbre de Mai
Pour la cinquième fois de sa jeune existence, le Chœur de Bettens présente au public le fruit de son travail. Mais ce joli village est dépourvu de grande salle. Qu’à cela ne tienne ! Les hangars agricoles ne manquent pas et il y a toujours de bonnes âmes pour en mettre un à disposition, ainsi Jean-François et Marc-Henri Fontannaz aujourd’hui. Et si Claude Corbaz y installe le chauffage et Christophe Chezeaux l’électricité, vous disposez alors d’une vaste halle accueillante et gaie à faire bien des envieux, surtout si les membres du chœur l’embellissent de guirlandes et de fleurs fabrication maison, d’une scène surélevée, d’un arbre de mai avec ses rubans, de pliants aux sièges fantaisie pour les jeunes spectateurs, de tables aux nappes d’or, enfin, placées comme des rayons de soleil. Naturellement – on est en Pays de Vaud – un bar vous attend dans un coin et à l’opposé un stand de pâtisseries maison et de planchettes chargées de charcuterie. D’emblée, l’ambiance est à la convivialité, à la joie de fêter l’arbre de Mai. Soudain, flamboyant, rouge, noir, blanc, le chœur paraît et, à l’accordéon, Moineau lance « Quand Jules est au violon » de Bécaud. Le trac disparaît vite et dix-sept figures (ils sont dix-sept) rayonnent la joie de chanter entre copains. Les imperfections – il y en a probablement – sont effacées, elles n’ont plus d’importance, il en sera ainsi toute la soirée et l’ambiance de plus en plus chaleureuse a définitivement conquis le public.
Courte pause, en quelques mots, Jean Carrel, président, seule tête blanche au milieu de cette jeune cohorte, présente sa chorale : une équipe dirigée par Denise Rochat, fleurie comme il se doit et accompagnée par Moineau justement remercié concrètement. On plonge soudain dans le passé : à Bettens, on aime aussi ce qui est ancien, les applaudissements réservés à cette magnifique « Pavane » du XVIe en témoignent, d’autant plus que Denise Rochat, directrice, précise et sensible a su exprimer excellemment des passages d’un doux pianissimo comme d’autres d’un forte éclatant. En passant, relevons la qualité de fusion des voix, problème souvent difficile à résoudre dans un petit chœur. Nous admirons aussi la bonne diction de ces dames dans « Tourdion », joyeuse chanson à boire du XVIe, les messieurs ne se défendant pas mal non plus. Le chœur, sur scène, change souvent de position, cela est agréable à voir, ajoute un petit quelque chose de plus à l’œil et parfois se justifie, comme dans le dialogue entre la fille et le capitaine dans « Les sabots d’Hélène » de Brassens. Avec l’ « Hymne à l’espoir » d’Edith Buttler, le groupe atteint presque un sommet, nous communiquant avec ferveur sa foi dans la liberté. Changement d’atmosphère avec « Barbara Ann » que certains chanteurs craignaient d’interpréter : est-ce pour cette raison qu’ils se sont attifés de perruques fofolles, de coiffures fantaisistes et de lunettes noires, ce fut un triomphe. Enfin, sautillant, léger, syncopé, « Y’a un grillon dans la maison » mit un point final à ce concert qui emballa les auditeurs. Je n’oublie pas de relever le rôle si important de Moineau accompagnateur talentueux tant à l’accordéon qu’au piano. Pour conclure, il n’est pas fréquent qu’une chorale montre à ce point son plaisir de chanter, communique ce plaisir au public qui en retour, devient plus chaleureux.
Merci et bravo, chanteuses et chanteurs de Bettens, continuez avec le secret espoir que certains, parmi les nouveaux habitants, conquis par votre joie de chanter et l’amitié qui vous lie, viennent grossir vos rangs.
R. P
71e année – N° 20 – 1er juin 2001
Feuille d’annonces – Organe officiel des communes du district d’Echallens et environs fondé en 1930
