A 10 ans, on a le coeur solide !
Lorsque, il y a dix ans, quelques passionnés fondèrent le Chœur de Bettens, ils ne pensaient pas devenir des étoiles au firmament des formations vaudoises. Ils voulaient juste s’adonner au plaisir de chanter ensemble. C’est pourquoi ils ont résolument choisi de ne pas faire partie de «L’Establishment», la Société des chanteurs vaudois, et de ne pas participer aux concours.
Il est vrai que travailler des chants sous la pression d’un jugement futur n’est peut-être pas la meilleure méthode pour avoir ses premiers contacts avec la musique. Chaque lundi, depuis dix ans, c’est dans cet esprit que se réunissent les membres du Chœur de Bettens, passés, de la poignée qu’ils étaient au début, à vingt et un choristes motivés, quatorze dames et sept messieurs. Sous l’impulsion d’une commission musicale audacieuse, ils n’hésitent pas à explorer la musique de variété contemporaine, Philippe Telfser, directeur depuis deux ans, se chargeant de l’harmonisation pour chœur mixte lorsqu’elle n’existe pas dans le commerce
C’est ainsi que vendredi et samedi soir derniers, ils ont gratifié le nombreux public venu les écouter de succès de hier et d’aujourd’hui, passant de Sardou à Johnny Clegg, du mythique groupe suédois ABBA au Trio Esperanza brésilien, en faisant un détour par David Halliday, un chat … célèbre il y a dix ans, Renaud et J.J. Goldman, plus un traditionnel Amazing Grace superbement envoyé par le directeur, un instant déguisé en soliste.
Une bande son de qualité jouait le rôle d’orchestre, avec une très bonne synchronisation. Le public, rapidement conquis par la belle tenue de l’ensemble, a réclamé des bis, que le chœur lui a offerts de bonne grâce. Un hangar agricole parfaitement préparé et décoré, quelques planches comme estrade, tables et bancs pour le public, il n’en faut pas plus, même à notre époque high tech, pour passer une très bonne soirée. Mesdames et Messieurs du Chœur de Bettens, bravo, et continuez. Vous faites de la jolie musique et, surtout, vous y mettez du cœur !
Ch. Dutoit
17 octobre 2005 – L’Echo du Gros-de-Vaud
